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Le Carnaval en 2008
Publié le 1er mars 2008

Le carnaval, tradition populaire par excellence, peut-il s’inscrire dans la création contemporaine de rue ?

Toute tradition, qu’elle soit païenne ou religieuse s’inscrit dans une tradition de culture populaire, avec ses rites, ses coutumes, ses couleurs, ses sonorités, ses chorégraphies, ses chants, sa plastique… S’inscrivant dans une éphéméride très ponctuelle.

La pérennisation de ces rendez-vous obligés est la preuve d’une société stable et d’une appartenance à une “caste”. L’étiolement de ces rituels est la preuve d ’une dégénérescence consanguine pour ne pas parler de disparition corps et âme d’une société...

Le fait, à contrario, que des éléments exogènes puissent rallier ces grands rendez-vous, est la preuve d’une intégration initiée, et l’acceptation d’exister différemment en conservant la même règle du jeu. C’est là que les Arts de la rue dans leur transposition contemporaine ont une vraie existence. Le théâtre de Kantor, dans la société Polonaise, en est un exemple mais il n’est pas le seul.

Depuis des années, le Théâtre de Rue a toujours su puiser dans les rituels sociétaux pour y forger et étayer ses pratiques, que se soient dans les déambulations, l’occupation de l’espace public, les chants, les esthétiques, les feux d’artifices, les grandes scénographies, les rendez-vous... Mais c’est justement là que ce nouveau vecteur culturel peut pêcher, car souvent le rendez-vous populaire n’est vrai qu’une fois l’an. Les finitions manquent d’exigence, ou les exigences se posent en d’autres termes, (convivialités, transes, recueillements ou tout bonnement au mètre).

Les Artistes (en particulier ceux qui sillonnent l’espace public à longueur d’année) , quand ils sont convoqués par des structures ou des élus des communes pour faire bouger ces conventions, s’engagent dans un vrai challenge de transformation. Ils y apportent notamment la parole. Le Carnaval (d’enfants, de quartiers, de villes ou commercial) en est la preuve vivante. L’esthétique très brouillonne palie souvent à un déficit de sens. Si ce n’est que le rituel fédérateur consiste à se retrouver dans un souci d’émergence sociale, et bien que le coté turbulent tente à disparaître. Sauf peut-être dans quelques exceptions comme Dunkerque.

Mais ne pointons-nous pas là l’éternelle question : art, animatoire ou divertissement ?

Il faudrait se garder de confondre ce qui est du domaine de la parade, du défilé, de la fête, avec ce qui est de l’essence du drame.
Jacques Copeau

Le rôle des artistes de rue est précisément de redonner sens, donc la parole et le musc du drame, avec les mêmes exigences esthétiques et culturelles, afin de faire oeuvre, oeuvre oui ( !), mais populaire : n’y a-t-il pas là néologisme ??

Pierre Berthelot  [1]

[1] Pierre Berthelot et Générik vapeur ont porté le carnaval de Martigues durant 3 années. Ils ont succédé à la compagnie Malabar et précédé la compagnie Artonik dans l’accompagnement artistique des populations engagées autour du carnaval. Dépoussiéré, réinventé, le carnaval joue à nouveau un rôle majeur dans la vie de la cité et convie plusieurs milliers de participants et public. Avec d’année en année, le passage presque naturel de spectateur du trottoir à costumé de la chaussée, confirmant ainsi le besoin de partager la fête...

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