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Accueil des cirques en ville
Publié le 27 avril 2007

Entretien avec Florian Salazar-Martin, Adjoint à la culture de la Ville de Martigues

La ville de Martigues a signé la charte d’accueil des cirques en ville, pour quelles raisons ?
Tout d’abord, il faut savoir que dès l’origine, j’ai du suivre l’élaboration de la charte d’accueil des cirques pour la FNCC( Fédération Nationale des Collectivités pour la culture) aux côtés du ministère de la culture et de la communication, des syndicats du cirque, des associations d’élus et de Hors les murs. Ce travail a été très intéressant. Il était normal qu’en tant qu’élu à la culture de la ville de Martigues, je propose à la municipalité de signer la charte, et ce d’autant plus que le cirque a toujours été très présent dans l’histoire de la ville. Pour nous cette signature allait permettre de poursuivre notre engagement dans ce domaine et de mieux coordonner notre action dans la transversalité des services concernés. Enfin, elle positionnait clairement la ville comme une terre d’accueil potentielle et comme une base volontaire de développement du cirque dans sa diversité.

Quel dispositif spécifique avez-vous mis en place pour faciliter les relations entre les compagnies et les services municipaux ?
Le constat d’alors était assez simple, les cirques traditionnels était accueillis par les services techniques, le service culturel n’était pas directement en responsabilité. Cela se passait bien mais il n’y avait pas de cohérence entre les diverses interventions. Le recrutement d’Eric Latil, chargé de mission pour les arts du cirque et les arts de la rue fut une phase importante de la mise en place d’un nouveau dispositif. Les cirques traditionnels et contemporains avaient dorénavant un interlocuteur unique avec qui parler. De même les services techniques et administratifs de la ville pouvaient compter sur le suivi de ce coordonnateur ; l’émergence d’un référant unique allait conforter la responsabilité de chacun dans son domaine. Une nouvelle organisation s’est imposée et fonctionne aujourd’hui dans la compréhension et la co-responsabilité. Santillane Sabouret assure aujourd’hui ce poste au sein de la ville de Martigues.

Quel constat faites-vous sur son efficacité ? A-t-il une incidence sur la fréquentation du public ?
Notre volonté politique a été guidée par deux éléments, la population et les compagnies contemporaines et les entreprises de cirques traditionnels. La population parce qu’elle a droit à avoir accès au cirque dans sa diversité et les compagnies et entreprises, parce que plutôt que la quantité, nous voulions privilégier la qualité, la diversité et le meilleur accueil. C’est ainsi que nous avons aujourd’hui une programmation annuelle pour le cirque traditionnel. De grandes enseignes font maintenant de Martigues une étape de leur tournée parce qu’ils savent qu’ils sont attendus. Nous avons un lien particulier avec Medrano, mais dans le même temps nous conservons toute notre attention aux petits cirques traditionnels de qualité qui trouvent à Martigues une attention particulière. Quant aux cirques contemporains, nous initions une présence réelle sur le territoire. La compagnie Estok fish a récemment pu présenter son travail sur un week-end en partenariat avec la ville : six cents personnes ont été accueillies, une vraie réussite qui nous engage à poursuivre ! Bien évidemment qui dit accueil dit site identifié. Nous avons travaillé pour permettre que ces accueils multiples puissent trouver des lieux adaptés, ce qui suppose un réel investissement.

Quelles perspectives de développement envisagez-vous pour renforcer cette politique d’accueil ?
Depuis la signature de la charte nous avons beaucoup progressé même si nous n’avons pas a proprement dit de lieu destiné essentiellement à l’accueil des compagnies,( espace chapiteau), tout simplement parce que des chantiers importants vont avoir lieu et qu’il devrait permettre de mieux y répondre. Ceci dit nous sommes aujourd’hui en capacité de recevoir sur notre territoire dans de bonnes conditions, c’est un atout important. Dans l’immédiat, nous voulons poursuivre notre implication dans l’accueil de compagnies de cirque contemporain en travaillant avec la volonté de mieux l’intégrer dans la politique culturelle de la ville. De même, nous accompagnons le projet artistique d’Annette Breuil, Directrice du Théâtre des Salins Scène Nationale de Martigues qui intègre les arts du cirque à sa programmation. Nous suivons avec intérêt la coopération entre les Salins et le Sémaphore de Port-de-Bouc dans l’événement Cirk’en mai. Notre souhait est de mettre le cirque au même niveau que les autres arts et pour cela nous avons besoin de travailler avec tous les partenaires disposés à développer la présence du cirque sur notre territoire.

Plus généralement, quelle analyse faites-vous de cette problématique d’implantation des chapiteaux dans les grandes villes ?
En terme de spectacle vivant, il est plus facile de trouver une réponse en lieu fermé qu’en lieu ouvert. Le cirque pose la question de l’implantation éphémère d’un chapiteau dans l’espace public. Il est plus difficile de répondre à cette légitime demande dans les villes d’aujourd’hui où l’espace public a tendance à se rétrécir. L’enjeu de centre ville, de centre urbain intègre difficilement des espaces dédiés à une activité éphémère, seule une volonté politique forte peut imposer cette possibilité. Je remarque d’ailleurs que les compagnies intègrent cette difficulté avec une tendance forte du cirque en salle. Il faut considérer cette problématique comme une chance pour les villes de se réapproprier des espaces libres et ouverts dans leur qualité urbanistique. Le chapiteau en lui-même incarne une dimension culturelle et artistique forte qui a un rapport direct avec la population. Son émergence dans la ville est synonyme de découverte et de convivialité, c’est un atout dynamique pour les villes. Il permet de modifier le temps de son implantation le paysage commun. Sa magie opère toujours, pourquoi alors le cantonner dans les périphéries, sa place est là où se font les passages, là ou bat le pouls de la ville. Nous avons une responsabilité pour mieux prendre en compte ces questions. Des avancées existent, certaines villes ont pris à bras le corps l’accueil des cirques mais c’est incontestable, il nous faut faire beaucoup mieux.

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