
Dès son entrée en scène, Ludor Citrik fait rire : tignasse et barbe hirsutes, yeux cerclés de blanc, bouche pincée de rage, long manteau noir et paquets de gâteaux en guise de chaussures. Il traîne derrière lui un caddie délabré, douloureux symbole d’une société de consommation dont il est exclu. Est-ce un Père-Noël fantasque, un clown-clochard ? Le mystérieux personnage s’apprête à boire son litron de rouge. Sur l’étiquette, est écrit “vin de prouesse”… Du manteau misérable, surgit soudain un corps d’athlète, crâne nu et nez rouge. Sur le tapis “rose papier toilettes” déployé devant lui, la métamorphose a eu lieu mais le caractère du personnage ne s’est pas adouci pour autant. Visage grimaçant et écume aux lèvres, Ludor Citrik murmure, gronde, éclate ! C’est une bête de scène capable de tout pour séduire son public. Entre l’hercule de foire et la femme à barbe, place à un nouveau cirque !
Texte et interprétation : Cédric Paga
Coup d’oeil oblique précieux : Gilles Defacque
Appréhension du corps sensible : Anne-Catherine Nicoladzé
Lumières : Jean-Philippe Janssens
Costumes : Catherine Lefebvre
Production : Le Prato - Théâtre International de Quartier